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N°13
Octobre 2012

> Edito

On se MOOC un peu


Premier MOOC en France ! ITYPA pour les intimes... Bon un peu de traduction, MOOC = massive open online course. En fait il s'agit de cours en ligne où un grand nombre d'enseignants et apprenants apprennent ensemble et à distance. ITYPA = Internet Tout Y est Pour Apprendre est le premier mooc français sur les mooc ;-) Bref cela est dans la veine des pédagogies ouvertes qui nous remuent la tête actuellement. Mon petit doigt me dit qu'on va en entendre parler.
Si vous voulez rejoindre cette expérience, il est encore possible de rejoindre http://itypa.mooc.fr/ ou en tous cas visionner sa présentation introductive http://youtu.be/RPsmTPTrb50

Laurent Marseault

Coopération en cours


La coopération expliquée à mon "Beauf"

Gatien Bataille (CRIE Mouscron)

La cooperation Gatien Bataille a soumis au groupe Anim.fr, dont il fait partie, une discussion sur le sujet : "la coopération expliquée à mon "Beauf"" ou l'art de mettre en place un argumentaire convaincant pour promouvoir les pratiques collaboratives. Il livre ici une synthèse riche des réflexions récoltées.

Par un dimanche ensoleillé de juin
- C'est ok pour vous ? lance ma belle soeur en s’adressant à moi et à son mari
- Oui oui on est prĂŞt. Amenez la viande, les braises sont Ă  point !


Alors que nous plaçons les saucisses sur la grille, mon beauf me lance :
- Ton séminaire à Sète sur la coopération s’est bien passé ?
- Oui ce fut plutôt sympa. J’ai pu de nouveau goûter à la puissance de l’intelligence collective.
- Tu m’excuseras mais ça reste encore un peu flou pour moi cette “coopération”
- Oui, je comprends... même pour moi c’est pas évident d’en parler simplement. Faut dire qu’on est en pleine phase d’émergence et qu’elle ne peut encore s’appuyer sur rien de grande ampleur... mais ça bouillonne chaque jour un peu plus
- Pour moi coopérer, ça veut dire faire des choses ensemble mais ça me parait tellement loin du fonctionnement de notre société. J’ai des doutes quant au fait que ça concerne beaucoup de monde...
- Détrompe toi, il y a vraiment beaucoup d’initiatives qui naissent. Même les entreprises s’y mettent !
- Les entreprises sont devenues altruistes maintenant ?
- En fait pas vraiment ! L'altruisme c'est quand on oublie son intérêt personnel pour l'intérêt collectif. Ca a des avantages bien connus dans le monde animal par exemple mais c'est vrai qu'au niveau économique c'est moins connu ! Enfin de toute façon, il est tout à fait possible de coopérer sans être altruiste
- Ah bon
- Ben oui , il suffit de faire converger ton intérêt personnel avec l'intérêt collectif
- En français s’il te plait
- Ben pas compliqué. En général l'intérêt collectif rejoint souvent ton intérêt personnel quand on le regarde à long terme. Mais en étant astucieux, on peut aussi organiser les choses pour que notre intérêt rejoigne l’intérêt des autres à court terme cette fois. Par exemple, là on a tous les deux intérêt à ne pas laisser griller les saucisses...
- Sympa ta théorie mais je demande à voir au niveau économique
- Et bien c’est pas si rare, de plus en plus d'entreprises se lancent dans la collaboration radicale ou la coopétition, l'idée étant de s'associer entre concurrents pour développer certains aspects des produits de demain et prendre ainsi de l’avance sur la concurrence ou sur des législations à venir. Comme on dit : y a plus dans deux têtes que dans une...
- Facile à dire, faire converger intérêt collectif et individuel, je vois pas trop comment en fait...
- Pas trop compliqué en fait, on a les clés mais il reste à les généraliser. Par exemple, partager une vision à long terme aide beaucoup à l'émergence de la coopération, travailler sur de l'abondance est aussi un facteur facilitant
- Sur l'abondance, on est plutôt en crise non? moi je ressens plutôt la rareté là !
- Oui c'est le cas pour les biens matériels mais si tu y regardes mieux il y a une quantité de plus en plus grande de biens non matériels autour de toi, ces biens que l’on nomme non rivaux tendent d'ailleurs à exploser avec la généralisation d’internet, des ordinateurs et même des imprimantes 3D qui permettent à partir de plans numériques de produire des biens matériels

- Oui facile en effet mais on fait quoi si les plans sont sous copyright ?
- Là tu mets le doigt sur une des autres conditions qui facilitent la coopération. Quand c'est pas ouvert, libre d'usage c'est plus compliqué mais l'arrivée des licences ouvertes facilite grandement le travail
- Et ça marche ?
- Plutôt oui, regarde thegreenxchange par exemple. C’est une plateforme internet où des entreprises parfois concurrentes échangent et partagent leurs avancées... étonnant mais bien réel !
- Ouaip, j'ai du mal Ă  croire...
- Tu sais la question n’est plus de savoir si on va y aller car on y est ! Le monde actuel est trop complexe pour être abordé sans l’intelligence collective. Les entreprises et bien d’autres l’ont compris. Et ceux qui ne l’ont pas compris se cassent les dents. Regarde les majors de la musique qui pleurent derrière les copies illégales et les bénéfs d’itunes qui vend des morceaux dématérialisés !
- Oui d’accord mais...
- Mais c’est encore naissant, c’est vrai... et on sent bien que ce qui reste à inventer autour de cette coopération c’est tout un ensemble de modèles économiques qui lui correspondent. La planification tout comme l’économie qui ne s’intéressent qu’à la rareté ne suffisent plus, Il faut qu’on se tourne vers un modèle qui fait aussi ressortir la valeur de l’abondance et pas seulement de la rareté.
- Et en attendant ?
- En attendant ? ça innove, et ça marche... Regarde dans le monde de l’internet et de l’informatique Linux ou les modèles freemium du web2 qui libèrent les contenus pour se financer sur le service ou encore Sésamath qui produit des livres de math à partir de cours collectifs... L’étape cruciale à franchir maintenant est le passage à l’échelle.
- Et tu crois vraiment que tout le monde a le temps d’apprendre ces trucs nouveaux
- C’est comme pour le reste, la coopération ça prend du temps ou bien au contraire çà t’en fait gagner si tu sais mutualiser. Et en plus si tu n’apprends pas à coopérer tu n’as plus qu’à courir derrière ceux qui savent l’utiliser pour défendre leur intérêt en passant par celui des autres, trouver des modèles économiques qui créent de la valeur par l’abondance et gagnent du temps en mutualisant...

- Et les mecs c’est cuit là ? lance ma femme !
- Oui c’est parfait, on arrive ! répond mon beauf

Tout en rassemblant la viande, j’invite mon beauf à m’accompagner manger.
- Bon allez à table ! De toute façon, la coopération ça commence toujours par un moment de convivialité !

Eric Grelet

Illustrations d'Eric Grelet (Creative Commons), un grand merci pour sa contribution et retrouvez tous ses dessins humoristiques sur son blog.
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Boite Ă  outils


Les plateformes MOOC

Emilie Hullo - Outils-RĂ©seaux

MOOC
En 2011, l'Université de Standford propose un cours sur l'intelligence artificielle qu'elle relaie sur le web. 16 000 personnes assistent en ligne à cet enseignement. Cette initiative lance le phénomène des MOOC (Massive Open Online Course), une petite révolution dans le système éducatif qui change radicalement le rapport à l'apprentissage. Centré sur l'apprenant, ouvert au plus grand nombre, fondé sur une culture du partage, il tend à introduire un nouveau paradigme éducatif.

Les MOOC émanent de l'Open Education, un mouvement mondial dont l'objectif principal est de donner accès à l'Education au plus grand nombre en diffusant des ressources éducatives libres via Internet. Les MOOC consistent ainsi en premier lieu à proposer des cours en ligne gratuits et ouverts à tous, marquant par là-même le passage de la rareté à l'abondance.

Qui plus est, ils introduisent un rapport fondamentalement différent à l'apprentissage. Ici, ce sont les apprenants qui créent les ressourcent d'apprentissage. Il n'y a plus celui qui sait et celui qui ne sait pas mais une vraie construction collaborative des savoirs. Les échanges entre participants sont le moteur même de l'apprentissage. Chacun se nourrissant des apports de l'autre pour monter en compétence.
Révolu, le modèle transmissif où l'enseignant déverse son savoir dans la tête de l'élève ! Dans un MOOC, l'apprenant est l'acteur principal de sa formation et l'enseignant un simple facilitateur. Comme l'explique un des participants du premier Mooc français ITyPA (acronyme de "Internet,Tout y est Pour Apprendre") : "L’idée d’un MOOC est que nous apprenons ensemble autour d’un thème donné par les organisateurs, qui ne sont pas des profs. La question que je me pose ce matin est : Qu’est-ce que je voudrais apprendre au sujet du thème pendant ce cours? Dans quelles activités pourrais-je participer? Comment pourrais-je partager ce que j’ai appris, et qui voudrait m’écouter? Ensuite, j’aimerais créer des structures pour partager les idées (hypertextes, audios, images, vidéos), qu’en pensez-vous? Quelles sont vos idées ?"

Le Mooc met ainsi l’accent sur les pratiques sociales d’apprentissage. Il repose sur les principe du Connectivisme, une théorie développée par George Siemens et Stephen Downes selon laquelle le point central de l'apprentissage est la mise en relation des individus à travers un réseau. Il en suit les principales méthodes, à savoir :
  • rĂ©unir un grand nombre d’apprenants et leur permettre de crĂ©er du savoir,
  • libĂ©rer un maximum de ressources,
  • privilĂ©gier les activitĂ©s collaboratives (au travers d’un wiki par exemple),
  • favoriser les retours d'expĂ©rience,
  • utiliser des ressources Ă©ducatives diversifiĂ©es (vidĂ©os, podcasts, jeux etc.)

Même si les MOOC demeurent encore au stade de l’expérimentation, leurs initiatives relèvent d'un nouveau paradigme éducatif dans lequel l'action de relier les individus apparaît comme le fondement pour construire de solides connaissances.

Si l'aventure vous tente, vous pouvez vous rapprocher de l'ItyPA, le premier MOOC francophone, qui vient tout juste de démarrer (le 4 octobre) et devrait se prolonger jusqu'au 13 décembre 2012 ! Chaque semaine, vous y apprendrez à construire un EAP (environnement d'apprentissage personnel) en développant notamment des stratégies de recherche d'information ou en acquérant des techniques de veille.

Illustration: Webinar image by Giulia Forsythe CC-BY-NC-SA.
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Savoir-Faire


Étude de cas sur le travail coopératif en ligne

Interview de Lilian Ricaud, consultant en stratégie Web et travail en réseau


nuage collaboration
Consultant-formateur, Lilian Ricaud vient de faire paraître une étude portant sur la mise en place de pratiques et d'outils collaboratifs. Cette réflexion est le fruit du travail d’accompagnement que celui-ci a mené auprès de l’institut Médico-Educatif Mathalin pour favoriser la coopération en interne. Abordant les problèmes rencontrés pour mettre en place ce dispositif et les solutions apportées, ce rapport peut servir d’exemple pratique à toutes les organisations qui souhaitent fonctionner de manière plus collaborative.




Ton étude apparaît avant tout comme une Success story, celle de l'intégration réussie d'un dispositif collaboratif au sein d'une organisation. Comment est née cette démarche et dans quel contexte s'est-elle élaborée ?

Lilian : Le secteur Médico-Social est en pleine transformation. Avec les baisses de subventions, la multiplication des normes/règlementations et un monde qui va de plus en plus vite, les organisations doivent faire plus de choses avec moins de moyens. Il y a 6 ans, le directeur de l'IME Mathalin, conscient de ces évolutions a choisi de développer l'informatisation de l'établissement (à l'époque la plupart des salariés n'avaient pas accès à des postes informatiques) et de mettre en place des outils pour mieux gérer la communication interne, notamment la traçabilité de l'information et sa mutualisation.

Intéressé par le côté participatif du wiki, il a choisi de lancer un projet pilote utilisant cette technologie et je l'ai assisté dans la démarche de choix et mise en place des outils mais aussi dans la conduite du changement des usages dans l'organisation.

L'outil que tu as choisi pour favoriser la collaboration au sein de cet institut est le Wiki, pourquoi ce choix ?

Nous avons choisi le wiki pour plusieurs raisons:

D'abord c'est un outil très facile à utiliser par des gens sans connaissance technique particulière.

Ensuite un wiki est un outil qui permet une grande souplesse, c'est comme un grand tableau blanc oĂą chacun peut prendre ou mettre de l'information.

Ensuite parce que c'est un outil en ligne, ce qui change la façon de travailler par rapport à l'email ou d'autres outils. Le wiki centralise les informations et évite d'avoir de multiples copies des informations éparpillées entres les boîtes mails et les disques durs. Les informations sont directement mobilisables et cela permet de travailler de façon beaucoup plus dynamique et interactive.

Par la suite pour adapter l'outil aux usages et aux besoins qui ont émergés, nous sommes partis sur un système hybride mélangeant Wiki et Blog.

Avec un Wiki, quelles sont d'après toi les règles pour insuffler de la dynamique et la faire perdurer ? Comment les usagers se sont-ils emparés de cet outil ?

Au départ même s'il y a un besoin "latent" de coopération dans le groupe, seulement certaines personnes auront un besoin réellement exprimé. Il faut avant tout partir d'un besoin concret existant déjà et des personnes les plus intéressées. En s'appuyant sur ces personnes, on peut lancer une première dynamique de coopération.

Il faut ensuite essayer de créer des "biens communs", c'est à dire des ressources qui peuvent être utiles à l'ensemble du groupe et qui vont intéresser d'autres utilisateurs. Au fur et à mesure les autres utilisateurs, plus sensibilisés, auront plus de chances de rentrer dans la dynamique coopérative et de passer du statut de simple consommateur à celui d'acteur.

Enfin, tout au long du processus, il est essentiel d'avoir une ou plusieurs personne(s) plus particulièrement impliquée(s) dans le "wikijardinage", c'est à dire l'animation et l'entretien quotidien du wiki et qui accompagne(nt) les utilisateurs et le groupe dans la conduite du changement.

Ton rapport montre bien que la mise en place d'un dispositif collaboratif ne s'est pas fait pas sans heurts et résistances. Il attire l'attention sur le fait que le recours aux dispositifs coopératifs demande avant tout un changement de « culture professionnelle », peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Il y a d'abord des questions pertinentes par rapport à l'informatique et son impact sur les relations ou la façon de travailler: est ce que l'on ne perd pas les relations humaines ? Est ce que l'on ne vas pas forcer les gens à travailler de chez eux et empiéter sur leur vie personnelle ? Même si l'accès est privé, il y a aussi des questions liées au fait de mettre des informations en ligne, de faire la balance entre traçabilité des informations et vie privée… Ces questions sont légitimes et il faut en discuter et ne pas forcer les choses.

Ensuite de la part des usagers, cela implique de passer d'un mode de consommateur de l'information à un mode plus actif où il faut aller chercher l'info ou l'apporter de manière active. Il faut encourager en permanence et motiver continuellement les participants.

Mais la plus grosse difficulté réside je crois dans le fait de savoir "comment passer d'une façon de travailler à une nouvelle alors que tout le monde est très occupé ?" Comment changer les habitudes des individus et du groupe, alors que tous les jours il faut continuer à gérer les tâches quotidiennes. Le vrai défi est là.

Quelles sont donc les bases pour installer une « culture de la coopération » ?

Comme je le dis dans l'étude de cas, on n'installe pas une culture de la coopération comme on installe un logiciel. Les gens ne sont pas des machines que l'on peut reprogrammer. Mon approche consiste à partir des usages existants et à adapter les outils autour de ces usages en démarrant avec le minimum. Ensuite, à partir de là, ma stratégie est de laisser les besoins et les pratiques émerger et de co-créer des outils et des usages AVEC les utilisateurs pour conduire progressivement le changement culturel.

Quelle stratégie as-tu adopté pour surmonter les freins à la collaboration ?

Pour surmonter les freins, il faut être très observateur et essayer de détecter tous les obstacles potentiels le plus tôt possible et essayer de les réduire pour mettre toutes les chances de son côté. Ce n'est pas toujours possible (par exemple quand tout l'établissement n'était pas informatisé, c'était difficile d'encourager tout le monde à participer au wiki sans un accès facile à un ordinateur...), mais il faut faire au mieux avec ce que l'on a.

Dans ton rapport, l'institution apparaît comme un moteur pour la mise en place de ta démarche. Est-ce selon toi une condition sine qua non pour l'émergence d'une dynamique coopérative au sein d'une organisation quelle qu'elle soit ?

Oui, tout a fait. Je déconseillerais de lancer une démarche coopérative sans l'appui de la direction. Je pense qu'il est d'abord essentiel de faire un travail de sensibilisation auprès des instances dirigeantes pour leur faire comprendre le processus d'émergence coopérative et leur apprendre à lâcher prise.

J'ai vu beaucoup de cas de groupes où une dynamique coopérative émergente existait déjà naturellement entre utilisateurs, mais ces efforts étaient "sabotés" consciemment ou inconsciemment par la direction qui, malgré une volonté affichée de créer de la coopération, gardait un contrôle trop strict qui tuait cette dynamique dans l'oeuf.

Fort de ton expérience, peux-tu nous donner quelques trucs et astuces pour impulser de la collaboration et mettre en place un dispositif coopératif qui fonctionne ?

Vraiment prendre le temps d'observer et d'écouter, comprendre la culture et les besoins existants avant de choisir un outil. Trouver des "pionniers", c'est à dire des gens particulièrement motivés et intéressés, et commencer avec un petit groupe.

Commencer "petit" que ce soit au niveau des outils ou des usages et chercher à créer du bien commun qui bénéficie à tous. Enfin, surtout prendre le temps de développer une bonne dynamique coopérative dans ce petit groupe avant de travailler avec un groupe plus large et ne rajouter des outils ou des fonctionnalités que quand les besoins ont clairement émergés.


L'étude de Lilian Ricaud est disponible en libre téléchargement directement sur son blog :
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Agenda / Rencontres


InnovAfrica


InnovAfrica
Pour la 4ème année consécutive, la fête de l'innovation africaine InnovAfrica est de retour. Elle se déroulera à Dakar du 26 au 30 novembre 2012. Destinée à mettre en réseau les porteurs d'initiatives sur les usages innovants au Sud en matière de technologies et d'innovation sociale, elle aura pour thème « l’innovation par l’expérimentation ».

La philosophie d'InnovAfrica est de rendre les participants du forum non seulement connaisseurs mais avant tout acteurs des usages qui amélioreront le monde de demain. Que ce soit à travers le « do it yourself », la fabrication numérique, la cartographie participative, l'électronique ouverte, la diffusion et le partage des connaissances, le montage de projets innovants, les monnaies complémentaires ou encore la production de court métrage, tous les participants du forum seront les pratiquants et créateurs de leurs innovations numériques et sociales.

Plus d'informations à découvrir sur le site consacré au forum.
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Ils aident Ă  penser


Lecture de François Labastie - Outils-Réseaux


Conception de sites web : une nouvelle ergonomie grâce aux systèmes mobiles


illustration mobile first
Lien vers: http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212134063/mobile-first
Les tablettes et les smartphones font évoluer le net. Par leur succès – 1,45 millions de tablettes vendues en France en 2011, soit davantage que des ordinateurs de bureaux – ces nouveaux appareils mobiles vont-ils modifier les comportements des internautes et ceux des créateurs de sites web?

Les tablettes et les smartphones sont des terminaux qui influencent la création des sites web par leurs contraintes mais également par leurs capacités. Malgré des écrans de petites tailles, des performances techniques limitées, des connexions plus lentes, les internautes s'approprient et consultent ces appareils dans des conditions très mobiles (déplacements, transports) mais également sédentaires (dans leurs propres logements) avec de nouvelles modalités de consultation (sofa, fauteuil, lit, etc). Ces comportements produisent de nouvelles possibilités de navigation sur Internet, mais aussi de web-commerce. C'est le terme de couch-commerce (1) (commerce depuis son divan) proposé par Amazon et Ebay pour désigner les acheteurs en ligne depuis leurs tablettes. On parle également de second-screen (2) pour illustrer le fait de consulter ses mails ou naviguer sur le web, chez soi, sans allumer son ordinateur ; simplement depuis son smartphone ou sa tablette.

Mais au delà des nouveaux comportements qu'ils induisent, ces appareils influencent également les créateurs de sites. Face à une évolution permanente et très rapide, les web-designers sont confrontés à de nouvelles contraintes techniques. La navigation tactile, les tailles réduites des écrans, les nouveaux systèmes de saisie de texte, et bien d'autres aspects remettent en cause l'ergonomie des sites web. Il n'est plus question d'afficher une page sur un écran plus ou moins homogène tel que celui d'un ordinateur. Il faut créer des sites pour des écrans multiples et plus réduits, sélectionner l'information, la fragmenter, cela va de soi, de même qu'adapter les tailles des boutons aux doigts des internautes. C'est aussi l'émergence d'une nouvelle manière de présenter l'information : moins de menus inutiles, des affichages simplifiés et sur des écrans successifs, à la différence des interminables menus déroulants des sites web classiques. Les appareils mobiles sont également munis de capteurs (caméra, GPS, accéléromètre, compas numérique, détecteur de proximité, de luminosité) qui sont autant d'interfaces de saisie d'information à la disposition des concepteurs d'applications web. Il s'agit alors de créer des mises en pages flexibles (adaptables à divers écrans), fluides, réactives, et de réduire le plus possible le nombre d'éléments affichés, tout en réduisant la complexité. C'est la théorie du designer américain Luke Wroblewski dans son livre Mobile First (3) : créer un site pour le web mobile en priorité et l'adapter ensuite aux écrans d'ordinateur.

Mais un autre comportement d'utilisateur nous semble très important dans cette évolution, c'est son apprentissage. Jusqu'à présent un internaute était un spécialiste : selon son âge et sa formation il devait acquérir un savoir faire minimum indispensable pour manipuler un ordinateur et naviguer sur le web. Aujourd'hui, les smartphones remplacent peu à peu les téléphones mobiles classiques, et même des utilisateurs très novices disposent d'un navigateur web entre leurs mains. Aussi, malgré la complexité de ces appareils, les usagers se les approprient, les adoptent et finissent par connaître par cœur certaines fonctionnalités. Les téléphones portables sont comme nos portefeuilles, nos clés de maison etc. Ils sont personnels et font un peu partie de nous-mêmes. Alors même si la majorité des utilisateurs ne connaîtra que 10% des possibilités techniques de leurs téléphones, ce sont 10% qui leur permettent d'accéder à un nouveau monde technologique. Ces internautes-là ont donc de nouvelles aptitudes. Des manipulations compliquées pour eux sur un ordinateur leur deviennent faciles sur leur smartphone, tout simplement grâce à leur routine et leur apprentissage quotidien.

En définitive, au milieu de nouvelles contraintes techniques surgissent de nouveaux comportements d'utilisateurs et de nouveaux apprentissages. Rien n'est figé dans le monde du web. Les concepteurs d'applications sont au cœur d'un formidable bouleversement et il n’appartient qu'à eux de prendre en compte cette nouvelle donne.

(1) http://www.nrblog.fr/pepito/2012/07/10/le-couch-commerce/

(2) http://www.nrblog.fr/pepito/2012/04/26/le-second-screen-la-social-tv-le-marche-explose/

(3) Luke Wroblewski, Mobile First, Ed. Eyrolles, 2012.


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Astuce pour coopérer


Schéma de la pédagogie ouverte

Emilie Hullo - Outils-RĂ©seaux

Jacques Dubois (@jackdub) vient de réaliser sur son blog Prodageo une excellente présentation graphique de la pédagogie ouverte, à partir des principes du schéma démocratie ouverte d'Armel le Coze et de Cyril Lage. Appliquant les maîtres mots de la démocratie ouverte -transparence, coopération et participation- à la pédagogie, elle montre le modèle vers lequel doit tendre cette dernière à l'ère du numérique et les démarches à mettre en oeuvre pour y parvenir. Un support de réflexion à découvrir absolument. Nous, on s'y retrouve bien.

pedagogie ouverte
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Coopérative de veille


L'association Tela Botanica nous présente son wiki relais, une ressource intéressante pour savoir, dans un grand réseau, comment impliquer, proposer des implications en fonction du profil des personnes.
Voir http://www.tela-botanica.org/actu/article5193.html

Le Réseau Framasoft commence fort sa rentrée avec dans son laboratoire, http://framalab.org , des outils très intéressants comme Framacalc, un tableau en ligne et éditable à plusieurs : http://framacalc.org et un éditeur de carte heuristique, mais pour un usage solitaire, Framindmap : http://framindmap.org . Pour en savoir plus sur l'actualité de Framasoft, vous pouvez consulter ce podcast : http://www.ecrans.fr/Video-Ecrans-fr-le-framapodcast,15345.html

Les licences Creative Commons et la difficulté de mise en oeuvre de la clause Non-commerciale : des exemples concrets à lire ici : http://www.framablog.org/index.php/post/2012/10/15/non-commercial-creative-commons

Veiller au droit d'exploitation d'une image est important, demandez à AgoraVox qui vient d'être condamné pour publication d'une photographie : http://www.legalis.net/spip.php?page=breves-article&id_article=3519
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