Formateur 2.0 : une nouvelle manière de faire de la formation


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Nouvelles technologies, numérique : nouveaux enjeux pour la formation


Incontestablement, l'avènement du numérique et d'Internet a offert au secteur de la formation d'innombrables possibilités.
Le changement de méthodes qui en découle va au-delà des apports technologiques, et c'est toute l'organisation de l'information de l'espace, de la distance et de la temporalité qui est modifiée.


Facteurs de changement liés aux nouvelles technologies :

  •  L'accès illimitĂ© aux ressources ( ITyPA! ou Internet, Tout Y est Pour Apprendre)
  •  l'interaction multidirectionnelle Ă  distance ; la « prĂ©sence Ă  distance » oĂą la valorisation de la relation prend toute son importance
  •  la communication horizontale en rĂ©seau
  •  l'introduction des rĂ©alitĂ©s virtuelles et des micro-mondes
    • les logiques de participation portĂ©es par la culture numĂ©rique



Tous ces éléments conduisent à envisager un nouveau modèle d'enseignement :

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Ce qui implique :

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Notion annexe :


Les opportunités et les défis de TIC pour la formation


Les formateurs du Réseau d’enseignement francophone à distance du Canada REFAD ont identifié de manière très exhaustive les opportunités et les défis liés aux outils du Web 2.0 :

Les opportunités :

  • La mobilitĂ© et la portabilitĂ© et donc une flexibilitĂ© accrue pour les usagers, qui y ont accès de partout en tout temps.
  • Une motivation accrue d’au moins une partie des apprenants, particulièrement les plus jeunes, pouvant mener Ă  une plus grande persĂ©vĂ©rance.
  • L’étudiant comme producteur de contenus d’apprentissage, et donc un apprentissage plus visible menant Ă  une amĂ©lioration de son appropriation de la matière, de son autonomie et de sa responsabilisation.
  • Des possibilitĂ©s multiples de coopĂ©ration, de socialisation et d’échanges et donc d’apprentissage de la collaboration et du travail d’équipe tant pour les Ă©tudiants que pour les formateurs et les institutions.
  • L’expression sous diverses formes, incluant le multimĂ©dia, permettant une personnalisation et un soutien Ă  diffĂ©rents styles d’apprentissage.
  • La facilitĂ© et la rapiditĂ© de la dissĂ©mination de l’information Ă  des coĂ»ts très faibles, indĂ©pendants de la distance, augmentant sa portĂ©e.
  • La multiplicitĂ© ou l’omniprĂ©sence d’outils pouvant supporter tous les aspects de l’expĂ©rience Ă©ducative.
  • Un large accès Ă  des contenus, des experts et des formations, constituant un facteur d’égalisation, notamment entre les rĂ©gions.
  • De nouvelles possibilitĂ©s d’organisation de l’information et de crĂ©ation de mĂ©tadonnĂ©es.
  • Une occasion d’apprentissage de l’utilisation des mĂ©dias et outils tic et de la littĂ©racie numĂ©rique, transfĂ©rable dans d’autres contextes.
  • Une opportunitĂ© d’innovation en enseignement, d’ouverture Ă  de nouvelles façons de faire et d’innovation organisationnelle, entre autres d’apprentissages plus personnalisĂ©s et plus contextualisĂ©s.

Les défis :

  • Le besoin pour les enseignants et les institutions de partager leur pouvoir et leur contrĂ´le. Une Ă©volution de l’autoritĂ© vers la transparence, de l’expert vers le facilitateur, de la prĂ©sentation vers la participation.
  • Le soutien Ă  la motivation et Ă  la participation nĂ©cessaire Ă  l’évolution du rĂ´le de l’apprenant d’auditeur passif Ă  intervenant actif et crĂ©atif.
  • Un besoin d’apprentissage de littĂ©racies multiples : usage des technologies, compĂ©tences informationnelles, gestion de l’identitĂ© numĂ©rique, etc.
  • Les questions liĂ©es Ă  la propriĂ©tĂ© intellectuelle et Ă  l’évolution des pratiques de production de contenus et de travaux (assemblages, coopĂ©rations, etc.).
  • La gestion de l’immĂ©diatetĂ© des communications et de l’évolution rapide des logiciels sociaux.
  • Les risques liĂ©s Ă  la sĂ©curitĂ© des informations sur le Web et Ă  la cybercriminalitĂ©.
  • Le choix des outils et de leur intĂ©gration, ou non, aux systèmes institutionnels.

dans : WIKIS, BLOGUES ET WEB 2.0 , Opportunités et impacts pour la formation à distance, 2010 Texte intégral



Les pratiques pédagogiques spécifiques


Les raisons pour adopter les nouvelles technologies sont d’abord pédagogiques, en lien avec les besoins des apprenants.
Elles peuvent donc avoir des impacts importants sur la conception du dispositif et sur les modalités d’encadrement. Voici quelques pistes :

La motivation et le soutien Ă  la participation

La conception des formations doit prévoir des fluctuations importantes dans l’intérêt et la participation et mettre en place des mesures pour la susciter et la maintenir au-delà de l’engouement initial. La seule présence des outils ne suffit pas ; L’objectif ou le sens donné par le scénario pédagogique à leur usage demeure un élément central.

Les médias sociaux jouent un rôle motivateur dans la plupart des expériences éducatives. Ils offrent un sentiment d'habilitation aux apprenants et de nouvelles possibilités de socialisation. Ils sollicitent avantageusement la persévérance de chacun sur les temps de formation plus long.

Deux éléments liés à la motivation des stagiaires sont souvent indiqués :
  • l’évaluation de la participation : c'est plus un choix forcĂ© de la participation que dĂ©libĂ©rĂ©. C'est aussi un risque d'une participation minimale ne visant que l’atteinte des critères d’évaluation. Contrairement aux idĂ©es reçues selon lesquelles les Ă©lèves ne feront que les travaux qui seront formellement Ă©valuĂ©s, l’absence de contraintes rigides (relatives au blog par ex.) incite les Ă©lèves Ă  bloguer encore plus. Le dosage entre la contrainte et la libertĂ© est Ă  trouver.

  • la diffusion large des contributions : l’ouverture donne de la visibilitĂ©, de la fiertĂ© et permet la rĂ©utilisation. Elle est donc gĂ©nĂ©ralement vue comme un facteur de motivation. Cette pratique est systĂ©matiquement utilisĂ©e dans les formations Animcoop. Les stagiaires produisent des contenus diffusables. C'est un travail plus contraignant mais plus apprĂ©ciĂ© Ă©galement (voir : exemples de productions).

Des cheminements individuels, collaboratifs ou coopératifs

La multiplicité des outils de communication utilisables et les besoins différents mènent à une offre diversifiée de cheminements. La bonne posture pédagogique serait alors de varier pour donner aux apprenants aux styles d'apprentissages différents les possibilités d'un cheminement plus adapté.

Les activités collaboratives, facilitées par les outils du Web 2.0, ont cependant un intérêt plus particulier : elles sont à la fois «un bon vecteur d’apprentissage » et un moyen « de favoriser le développement de liens sociaux entre les apprenants », elles permettent de « lutter contre les risques d’isolement et de démotivation particulièrement dans l'apprentissage à distance». Elles permettent d'atteindre simultanément divers objectifs :
  • la rĂ©alisation,
  • le raisonnement de niveau supĂ©rieur,
  • le gain de temps de travail,
  • le transfert de l'apprentissage,
  • la motivation Ă  la rĂ©ussite,
  • la motivation intrinsèque et continue,
  • le dĂ©veloppement social et cognitif,
  • l'attraction interpersonnelle,
  • le soutien social, les amitiĂ©s,
  • la rĂ©duction des stĂ©rĂ©otypes et des prĂ©jugĂ©s,
  • la valorisation des diffĂ©rences,
  • la santĂ© psychologique, l'estime de soi,
  • les compĂ©tences sociales,
  • l'intĂ©riorisation des valeurs,
  • la qualitĂ© de l'environnement d'apprentissage... et beaucoup d'autres.

Cependant l'arrivée du numérique ne fait que révéler certains blocages d'un travail (apprentissage) collaboratif : échanger des informations essentielles en vue d'un projet commun avec efficacité est une étape supplémentaire que ne franchissent pas bon nombre d'organisations, faute de culture du partage d'une part, et des besoins élémentaires des individus d'autre part. Le travail collaboratif repose, avant tout, sur le volontariat et ne peut être une obligation.

Un apprentissage et un environnement plus personnalisés

La culture et la multiplicité des choix qu’offre le Web 2.0, combinées à ses possibilités de « mise en scène du je », appellent à une plus grande personnalisation des cheminements, tel qu’indiqué ci-dessus, mais aussi des modalités d’expression et des outils. Il peut s’agir d’une personnalisation très limitée : profils et pages personnelles, photos, etc., ajoutés à l’intérieur d’un environnement d’apprentissage institutionnel, centré sur le cours ou le trimestre plutôt que sur l’apprenant. Mais plus couramment, tel qu’évoqué au chapitre précédent, on parle d’une remise en cause plus fondamentale où l’étudiant construit son environnement d'apprentissage personnel, à partir de son propre choix d’outils, indépendamment des institutions successives qu’il fréquentera et où il constitue à la fois son portfolio, témoignant de sa formation continue comme de son expérience, et de son identité numérique.

Des pédagogies actives et des apprentissages plus contextualisés

Les outils du Web 2.0 favorisent de plus un apprentissage dans l’action, plus authentique ou situé. L'apprenant peut par exemple y construire des ressources utilisables par la communauté. Un exemple : articles produit par les stagiaires Animacoop sont réutilisés par les formateurs dans la production de nouveaux cours

Des contenus multimédias

Un autre défi que présentent ces outils pour les pédagogues est l’évolution vers des ressources d’apprentissage beaucoup moins textuelles. La vidéo, en particulier, connait une popularité fulgurante.
  • L'utilisation du blog : permet de laisser des traces de ses apprentissages et est excellent dans les pratiques d'Ă©valuations formatives.
  • Le Wiki montre les contributions de chacun Ă  un travail collaboratif.
  • La vidĂ©o et la vidĂ©oconfĂ©rence permettent d’évaluer l’expression orale ou l’appropriation des contenus. On peut aussi construire Ă  partir des contenus existants; par exemple Ă©valuer ou complĂ©ter un article d’un wiki.

L’utilisation de l’outil approprié

Placé devant une abondance de types d’outils, le formateur doit pouvoir choisir ceux qui sont les plus pertinents en regard de l’apprentissage souhaité. Souvent, si son institution ne l’a pas fait pour lui, il doit aussi sélectionner les logiciels pour les supporter. Les discussions entre enseignants sur des forums
spécialisés montrent bien leur perplexité devant la multiplicité des outils offerts et la difficulté d’établir lequel est le plus approprié à leur activité pédagogique.
Plus loin nous vous proposons une petite sélection d' outils classés selon leurs usages.

Accompagnement

Pour dépasser le niveau du simple commentaire ou de la mise en forme, pour progresser vers des apprentissages de plus haut niveau, comme le développement de l’argumentation, de la critique et de la synthèse, un accompagnement pédagogique soutenu est essentiel.

L’encadrement de cheminements interactifs comme ceux que permet le Web 2.0 demande donc non seulement plus de temps, mais aussi une disponibilité plus continue. Pour faire face à ce besoin accru de temps et de disponibilité, plusieurs solutions sont avancées.
  • le besoin d’établir, dès le dĂ©part, des plages de disponibilitĂ©. de temps de « micromentors » :
  • le travail collaboratif. L’encadrement Ă©tait assumĂ© en Ă©quipe de quatre professeurs : « Cette façon de faire avantage autant les Ă©tudiants, qui reçoivent une rĂ©ponse dans un dĂ©lai très court, que les professeurs, qui se partagent la tâche de rĂ©pondre aux courriels».

Les outils

OUTILS DE FORMATEURS et Pour les cours en linge dans pédagogie, formation / Elzbieta (elz)

Pour aller plus loin : veille partagée


Quelques sites sur la pédagogie et formation mise à jours par l'équipe OR


pédagogie, formation dans Laurent Marseault (furax37)


Les cours en lien (à consultez dès la semaine prochaine) :

 Enseigner/former